le poste de manoevre à la machine



-1- confirmer l'ordre venant de la passerelle par le chadburn



-2- lancer le moteur de propulsuion à l'aide du volant de lancement



-2- lancer le moteur de propulsion à l'aide du volant de lancement



-3- régler l'allure à l'aide du régulateur du régime moteur



-4- assurer la surveillance et l'état de la machine


La mise en marche des moteurs nécessitait une préparation qui consistait outre les contrôles traditionnels, à monter en température l'ensemble moteur de propulsion (sans cela le choc thermique serait tel qu'il endommagerait gravement les moteurs). Un groupe moteur indépendant des moteurs de propulsion était mis en marche, de l'eau réchauffée par ce groupe était mise en circulation dans les circuits de refroidissement des moteurs. Il fallait environ 3 heures pour monter en température (autour de 95 degrés fahrenheit soit 35 degrés celcius).

La manœuvre était dirigée par le commandant (ou le chef de quart) à partir de la passerelle,
- le chadburn, assurait la liaison ou l'interface entre la machine et la passerelle,
- le volant de manœuvre permettait de lancer le moteur (fonctionnant à l'air), c'était le démarreur, en avant ou en arrière suivant le sens de lancement du volant,
- le volant de régime, ou régulateur réglait le régime du moteur en fonction de la demande.

La manœuvre était un moment de tension assez importante.

Deux personnes étaient nécessaires pour la mise en marche des moteurs, une pour le moteur tribord une autre pour le moteur bâbord, une autre communiquait éventuellement par téléphone avec la passerelle. En général nous étions 4 à 5 personnes à la manœuvre (deux officiers-mariniers et trois matelots).

Le chadburn était le seul moyen fiable pour communiquer entre la passerelle et la machine, chaque moteur disposait d'un chadburn à la machine comme à la passerelle, l'activation du chadburn à la passerelle activait celui de la machine et vice versa.

La position de la poignée du chadburn définissait le sens de marche (avant / arrière) et le régime moteur ou la vitesse du bâtiment (lent (en cours de manœuvre) / normal (en cours de route) / toute (en cas de danger)).

L'activation du chadburn émettait un bruit.

Chronologie de la manœuvre :
- 1 - ordre venant de la passerelle, par signal visuel (agitation de la poignée du chadburn) et sonore (sonnerie du chadburn), cet ordre définissait le sens de la manœuvre (avant / arrière), et le régime (lent / normal / toute),
- 2 - réponse pour confirmer l'ordre reçu par activation du chadburn,
- 3 - manœuvre du volant de lancement (avant / arrière),
- 4 - réglage du régime (lent / normal / toute), contrôle par un compte tours,
- 5 - surveillance permanente du chadburn et du maintien du régime moteur.

Un incident s'est produit lors de l'accostage auprès du Clemenceau pour un ravitaillement en TR5 au quai Milhaud. Normalement, celui qui activait le chadburn effectuait les commandes, c'est élémentaire comme précaution. Cette fois là, un camarade a voulu participer à la manœuvre sur le moteur tribord, répondant au chadburn et me communiquant l'ordre de vive voix. Est arrivé ce qui devait arriver, il y a eut confusion dans le sens de marche (avant / arrière), notre bâtiment est venu heurter Le Clemenceau, cela ne faisait pas bon effet, car beaucoup de monde assistait à cet incident. A la machine le choc a été ressenti. Finalement j'ai été sanctionné (normal, j'étais le moins gradé), considéré comme dangereux à la manœuvre, j'ai été interdit de manœuvre pour une durée de 8 jours.